Atlantique
page Wikipedia consacrée à l'océan Atlantique
Sujet paru dans BDM 5 - Janvier 2011
L'auteur : Thomas Journot
Photographe originaire de Besançon, Thomas vit et travaille à Paris. A sa sortie de l'ETPA à Toulouse, il est assistant de différents photographes publicitaires mais c'est le reportage plus que le studio qui l'attire. Depuis 2002, il est photographe indépendant. Il collabore avec différents journaux d'actualité ou de presse spécialisée (l'Est républicain, l'Humanité, A nous Paris, Phototech...).
Douce france
par Thomas journot
Thomas Journot a failli quitter le bord avec la pilotine qui venait de guider le Douce France hors du port du Havre, un peu effarouché par le monde mystérieux du grand large et de la marine marchande dont il ne connaissait rien. Mais l'envie de découvrir l'âme des cargos a été la plus forte.

Extrait :
Pour monter à la passerelle, il faut escalader l'escalier très raide qui mène au cinquième étage du château. Le dernier palier est faiblement éclairé par une lumière rouge. Un simple filtre coloré fixé sur un petit coffret noir est annonciateur, comme les « on air » des studios de télévision, de quelque chose d'inhabituel qui se trame derrière la porte. Il permet surtout de ne pas éblouir les hommes d'équipage plongés dans la nuit. Car une fois passé la lourde porte, on pénètre dans l'obscurité qui règne sur le poste de pilotage. Il me faut quelques minutes pour habituer mes yeux au manque de lumière et discerner le faciès des hommes qui guident le navire.
Au début, je ne distingue que la formidable vue sur le pont rempli de conteneurs et les quais par-delà l'immense baie vitrée. Quelques boutons lumineux et deux énormes écrans radars illuminent faiblement la cabine. L'atmosphère est sereine et seule la radio, intempestivement, perturbe les voix calmes des officiers. Le poste de pilotage est vaste, propre, rangé. Je pose mon sac et mes appareils dans un recoin de la passerelle, à côté de la cafetière. Je prends place parmi les hommes du Douce France, je salue le pilote qui guidera le navire jusqu'à l'océan, je m'adapte à l'ambiance. Je souffle. Si ce n'est pour me remettre des cinq étages, au moins pour reprendre mes esprits.
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