Amérique du sud
page Wikipedia consacrée à l'Amérique du sud
Sujet paru dans BDM 5 - Janvier 2011
Auteurs : Géraldine Garçon
et Daniel Mielniczek
« Le déracinement et la découverte sont moteurs dans mon travail. J'ai toujours saisi les occasions qui m'étaient offertes pour parcourir, crayon en main, de nouveaux territoires et en tracer le portrait. En voyage comme dans ma propre ville, je consigne jour après jour les détails et les visages croisés au quotidien. Je scrute le réel et cherche à m'en approcher au plus près pour saisir quelques éléments fragiles et évanescents. » (Géraldine Garçon)
Daniel Mielniczek est photographe, il vit et travaille à Paris
Vingt mille bornes
par : Géraldine Garçon et Daniel Mielniczek
De Santiago du Chili à Rio de Janeiro, Géraldine Garçon et Daniel Mielniczek ont parcouru près de 20000 kilomètres à bord de leur pick-up. Pour les cartes postales, il faudra repasser.

SANTIAGO :
Les vagabonds, les chiens vautrés au milieu des trottoirs, les marchands de glaces et les kiosques à journaux, ça se boucule dans le centre. On bosse, on marche vite. On fait la pause au « café cuisse » ou devant un mur de magazines. Une partie d'échecs avec le cireur de godasses, un air de cumbia. On discute le coup au coin. Et puis, on se rentre ou on dort sur un banc. En dessous si on est un chien. Faut remettre ça le lendemain.

CHILOE :
Ici, sur l'île de Chiloé, on vit au rythme des marées. En fin de matinée, les bicoques habillées de tuiles de bois et de tôle ondulée reflètent dans l'eau leurs couleurs vives et leur bizarre anatomie.?« El jefe del mar », « El intrepido », « l'Alfa et l'Oméga », « Jesus 4 » et « Doña Olgui » naviguent fièrement dans la baie et les dauphins jouent sous nos fenêtres.
Six heures plus tard, la mer s'est retirée. Ça sent la vase. Les maisons sur pilotis dévoilent leurs longues jambes démesurées fichées dans le sable et les bateaux gisent épars, sur l'étendue grise. Sur la plage, les marins donnent un dernier coup de peinture ou font un petit ménage avant le prochain départ, tandis que leurs compères éméchés noient leur ennui dans du vin bon marché.
Il est l'heure d'aller « marisquear ». On guette le mince jet d'eau qui sort de terre, trahissant la présence des palourdes enfouies dans le sable et on les tire de leur cachette à pleines mains.?C'est un vrai délice.
Ci-dessous : Les pages parues dans BDM 5
Conception et réalisation : Laurent Barbin pour bouts du monde - Tous droits réservés