Argentine
page Wikipedia consacrée à Buenos Aires
Sujet paru dans BDM 4 - octobre 2010
L'auteur : Aurélie Mévellec
De son berceau, Aurélie est tombée dans la marmite du dessin. À l'âge de 10 ans, suite à la lecture d'un « J'aime lire » dont les illustrations la fascinent, elle décide que, quand elle sera grande, elle sera illustratrice. Pendant ses années collège, elle dessine son monde imaginaire sur des cahiers (un cahier par an). (bio tirée du site d'Aurélie)
Buenos Aires
par Aurélie Mévellec
6 novembre 2006 : arrivée à Buenos Aires, capitale fédérale d'Argentine. C'est le printemps. Bien qu'il ait été écrit il y a 80 ans, j'ai retrouvé dans ce texte des impressions ressenties lors de mon arrivée ici...

« ... Eh bien ! cela c'est Buenos Aires. Comme je vous le dis ! Nous y voici. Et il n'y a pas de quoi en perdre la respiration. C'est une capitale. C'est même la capitale de la république Argentine. Je ne dirai pas le contraire. Il y a là, deux millions d'habitants. Ils s'y trouvent bien. Tant mieux ! Je ne dissimulerai rien. Même pas la rue de vingt-deux kilomètres. Elle y est. Qu'elle y reste. Elle s'appelle Rivadavia. Ai-je fait ses vingt-deux kilomètres ? J'ai essayé. Au quatorzième je suis revenu, définitivement éc½uré de la ligne droite. Il faut être ivre pour concevoir vingt-deux kilomètres en ligne droite. C'est une bien grande ville que Buenos Aires. C'est Capharnaüm multiplié mille fois par Capharnaüm. Elle est la première de l'Amérique du Sud. Cela est bien vrai. Elle tient dans le c½ur des Argentins la place que le soleil tient dans le ciel ! C'est la lumière. En effet, que de lumières ! Les maisons sont festonnées d'ampoules électriques.
Le jour on dirait qu'elles sont atteintes d'une éruption pustuleuse. C'est très joli. C'est argentin. Ce qu'il y a de plus beau c'est l'effort. Ce qu'il y a d'injuste, c'est le résultat. Cependant ce n'est pas si mal. Ses maisons sont plus jolies qu'à Paris. Sont-elles assez sales les maisons à Paris ! Mais ce ne sont pas toujours les maçons qui font les villes. Je crois plutôt que c'est le peuple qui les habite. Par saint Albert mon patron, je n'ai jamais vu personne ni rire, ni sourire, ni flâner, ni méditer, ni attendre, attendre quelque chose ou même n'attendre rien du tout dans les rues de Buenos Aires. Les premiers jours je ne pouvais m'empêcher de retenir les passants par le pan de leur veston. Pas si vite ! leur disais-je, vous arriverez toujours assez tôt à la tombe ! Ils ne comprenaient pas et cela m'attirait des désagréments... »
Extrait du récit « Le chemin de Buenos Aires »
(La traite des Blanches) d'Albert Londres, 1927
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