îles Salomon
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Sujet paru dans BDM 4 - octobre 2010
L'auteur : S½ur Marie-Simone
S½ur Marie-Simone
Le mystérieux carnet de voyage
de s½ur Marie-Simone
C'était dans une rue de Nantes, il y a deux ans. Mélanie remarque, abandonné sur un trottoir, un vieil album photo, semblable à ceux qui sont rangés dans les armoires des grands-mères. Elle ose tourner les pages jaunies par le temps, découvre une écriture régulière à l'encre noire, des bribes de correspondance épistolaire, des photos et puis une carte des îles Salomon, dessinée à la main. Ce carnet de voyage n'a jamais eu vocation à être publié. Son auteur s'appelle s½ur Marie-Simone. Elle était s½ur à Sainte-Foy-lès-Lyon. Elle accompagnait une de ces missions que les pères maristes menaient dans les îles Salomon au début du siècle dernier. Nous n'avons pas retrouvé la famille de s½ur Marie-Simone, nous ignorons même son nom. Nous avons choisi de publier des extraits de ce carnet de voyage, espérant peut-être remonter le fil d'une histoire.

Extrait :
Oh ! ma chère Maman, si tu savais comme j'étais heureuse en faisant ce premier baptême. Le bébé est mort la 3e nuit. Le père était alors à Pororan, lorsqu'il est arrivé, l'enfant était enterré. Nous l'avions appelé Maurice en l'honneur de R. P. Préfet. Il était bien mignon, il ouvrait les yeux, serrait mon doigt avec sa petite main, mais il était si petit ! Si petit ! Nous n'avions pas encore vu un nouveau-né si chétif. Il était le premier né de deux jumeaux, l'autre vit. Sa mère nous l'a encore apporté ce matin ; il commence à brunir ; celui-là était plus gros que son frère en naissant. Lorsque ces petits indigènes naissent, ils sont tout à fait de la couleur des bébés blancs, et ont les yeux bleus. Lorsque nous apportâmes la petite fille d'Hanahan, elle n'était pas encore tout à fait noire, elle devait avoir quinze jours.
Hier, elle a fait ses premiers pas toute seule. Elle ne se possédait pas (sic) de joie d'avoir pu marcher toute seule, elle riait aux éclats, et se retournait pour recommencer, allant de l'une à l'autre. Elle devient tout à fait mignonne et très drôle, elle amuse tout le monde. Les filles font du tambour sur une caisse et aussitôt la petite fille plie les genoux esquissant un pas de danse. Le père dit : « Elle sait à peine se tenir debout et déjà elle essaie de danser, c'est inouï, ils ont ça dans le sang ».
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